Bastille… encore!
mai 10, 2007 at 4:18 | In Bastille, Police, Politics, Politique, Présidentielles, gauche alternative, manifestation | Leave a CommentUne nouvelle petite video pas mal foutue sur la manif du 6mai.
Crédit: Give2god 2007.
Et maintenant?
mai 8, 2007 at 7:40 | In PS, Politics, Politique, Sarkozy, gauche alternative, manifestation | Leave a CommentOù en sommes nous donc? On reprend une dose de bonne droite pour au moins cinq ans, ça, c’est à peu près sûr. Et le reste? Le PS fait bonne figure malgré la claque prise, mais, ne nous y trompons pas, ce n’est que facade. Ces gens là savent faire preuve de discipline. Or, après les présidentielles, il y a les législatives et, même s’il est peu probable que nous assistions à un raz de marée rose, il convient pour ce parti de limiter la casse. Donc, le PS ne se déchirera pas avant le prochain round électoral; par contre, après… Et je ne parle pas de la gauche antilibérale qui sort laminée de ce scrutin présidentiel, état dont je doute d’une quelconque amélioraion d’ici à la fin du mois de juin.
Alors, que fait on? La jeunesse manifeste. C’est, en effet, rigolo, ça défoule mais je crains que cela ne nous mêne pas très loin. A vrai dire, je pense que cela ne nous mêne nulle part, pour être précis. Il est encore trop tôt, on ne fera pas la Révolution place de la Bastille. Cependant, outre le côté défouloir, ces manifs ont une utilité. Premièrement, signifier une sorte d’avertissement à la droite en général et à Mr Sarkozy en particulier; un avertissement du genre: “nous sommes prêt-es, nous ne vous aimons pas et nous ne laisserons rien passer.” Deuxièmement, comme tout évenement violent, cela oblige à se positionner et, donc, cela permet d’y voir plus clair. Nous pouvons ainsi voir qu’il y a une frange radicale de la gauche qui manifeste (parfois violemment) et la mouvance PS qui dénonce la violence, craignant un phénomène de vote “retour à l’ordre” qui lui serait défavorable pour les législatives. On remarque aussi qu’il y a tout un pan de la gauche, situé entre le PS et les “méchant-es anarchistes”, que l’on entend peu. Que fait cette gauche? Je ne le sais pas, probablement est-elle occupée à comprendre pourquoi elle s’est aussi bien “ramassée” électoralement, peut-être aussi est-elle en train de réfléchir plus loin.
Mais revenons à cette jeunesse qui manifeste. Pourquoi seulement la jeunesse, il suffit de regarder la video en dessous pour voir qu’il y a dans ces manifestations des personnes qu’on ne peut plus trop qualifier de “jeunes”. Certe, mais si on regarde de plus près, ce sont des lycées qui sont bloqués, ce sont des universités qui se mobilisent, pas encore des entreprises; de plus, si on fait le tour des villes qui ont connu des “sorties collectives nocturnes”, il s’agit essentiellement de villes universitaires: est-ce un hasard? Alors, pourquoi cette jeunesse manifeste-t-elle avec tant de violence? Tout d’abord, petite mise au point, il y a des gens qui font preuve de violence (c’est leur choix, je le respecte) mais il y en a aussi qui manifeste “calmement”. Pourquoi descendre dans la rue contre un président largement élu au cours d’un scrutin bénéficiant d’une forte participation? Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que la jeunesse qui manifeste, c’est celle qui s’est formée politiquement, en 2003, pendant le mouvement contre la réforme universitaire LMD, en 2005, pendant le mouvement des lycéen-nes contre les lois Fillon, en 2006, pendant la lutte contre la loi “égalité des chances”. Et l’école de la démocratie qu’on été ces mouvements sociaux est celle de la démocratie directe, celle de l’autogestion et des assemblée générale. La culture politique qu’ils/elles ont acquis est bien loin du show personnel qu’à été cette campagne. En bref, une “jeunesse sans maître, sans dieu, sans César, sans tribun” comme le chante Bolchoi. Mais aussi une jeunesse, qui après avoir lutté toute ces années contre les attaques de la droite, se sent trahie par ses concitoyen-nes et n’entretient plus guère d’illusions au sujet du jeu politique institutionnel. Je suis de cette jeunesse.
Si à cette jeunesse là on ajoute celle des “quartiers sensibles” qui à brûlé les banlieues en 2005, qui attend toujours la concrétisation des promesses faites alors (“morts pour rien” disait-on alors) et, qui, je le pense, doit aussi avoir le sentiment d’avoir été trahies par une France qui a élu l’homme qui les a insulté-es. Si l’on aditionne toute cette jeunesse, je souhaite bien du courage à Mr Sarkozy s’il veut continuer à faire croire qu’il est le président de tout-es les français-es! Surtout s’il continue à oublier que la clémence politique est indispensable à la cohésion du corp social (voir à ce sujet un très bon article dans le numero de mai du Monde Diplomatique)
Alors donc, maintenant, que fait-on? Eh bien je ne sais pas, je ne suis pas Dieu, je n’ai pas de recette miracle. C’est tous ensemble, collectivement, qu’il faut élaborer autre chose. Une seule chose est sûre, les lignes vont bouger, le jeu politique va changer, en bien ou en mal, mais il va changer. La droite à déjà changé, c’est devenu une boite de com’. Le PS doit changer, cependant, il est peu probable qu’il fasse table rase de sa ligne des 30 dernières années. Et le reste de la gauche? Que va-t-il devenir? Quelle place pour nous, les jeunes des mouvements sociaux? Je ne sais pas, je ne suis pas Madame Soleil. Une chose est sûre, le monde actuel bouge très vite et il ne faudra pas attendre longtemps avant de pouvoir se faire une idée de tout cela.
Et vous, qu’en pensez vous?
La France d’après à commencé. ;)
mai 8, 2007 at 5:10 | In Bastille, Politics, Politique, Présidentielles, Sarkozy, gauche alternative, manifestation | Leave a CommentMerci à Polipop pour avoir mis cette video sur Dailymotion
Gueule de bois prévisible.
mai 6, 2007 at 8:54 | In Politics, Politique, Présidentielles, Royal, Sarkozy, gauche alternative, humeur | Leave a CommentDonc, voilà, Mr Sarkozy est élu avec près de 53% des voix. On en prend donc pour 5 ans de plus (au minimum). Je suis amer, je ne comprend pourquoi un pays perclus de mouvement sociaux depuis quelques années, un pays qui s’est levé contre la réforme des retraites en 2003, contre les lois Fillon (encore le même!) en 2005, contre le CPE/CNE en 2006 peut-il en redemander encore en votant pour une droite version hard. Français-es, vous avez eu peur des émeutes de banlieux? Vous avez eu peur du mouvement des lycéen-nes? Vous avez eu peur des grève CPE? C’est pour ça que vous avez voté pour lui? Sachez alors que c’est contre la jeunesse que vous avez voté, contre l’avenir. Qui plus est, en votant ainsi, vous provoquez le retour de ce qui vous inquiète; car des émeutes et des mouvement durs, vous en reprenez aussi pour 5 ans.
Alors oui, gueule de bois prévisible. Ca fait un choc d’avoir pour président un homme qui à passé ces dernières années à insulter tour à tour toutes les catégories de gens qui ne sont pas à droite ou trop pauvres. Prévisible, car Mr Sarkozy devait être élu, les sondages l’avait dit et la presse était unanime (ou presque).
Alors c’est parti, nous avons 5 ans pour montrer que la gauche – pas celle qui drague le centre, celle qui croit encore que le monde peut évoluer positivement – n’est pas morte, qu’elle est encore utile et qu’elle peut vraiment changer les choses. Parce qu’un autre avenir est possible et que ça, j’y crois.
Alors, si la gauche est encore vivante, qu’elle se mobilise pour les législatives. Mais cela ne sera pas suffisant.
Parce que, avec un tel président, on va prendre cher quelque soit la couleur de l’assemblée, achètes toi de bonnes chaussures, camarade, parce que pendant les 5 années à venir, on va beaucoup marcher. Prends aussi ton courage car ce ne sera pas une promenade de santé.
Alors, maintenant, c’est classe contre classe, il n’y a pas de milieu. Et, on est plus nombreux/euses qu’eux/elles…
Gauche anticapitaliste: pour un autre futur.
avril 30, 2007 at 11:59 | In Politics, Politique, gauche alternative | Leave a CommentGenèse:
Du 29 mai 2005 au 22 avril 2007, la chute de la gauche alternative a été lourde et les désillusions profondes. D’une nette victoire du “non” qui semblait majoritairement de gauche, comment en est on arrivé à une telle déroute; d’une si belle unité, comment est on arrivé à un tel éclatement? Pourtant, au soir du 29 mai, il y avait des raisons d’esperer. Plus encore, la multiplication des mouvement sociaux, jusqu’au paroxysme du mouvement anti LEC/CPE, pouvait laisser penser que le baromètre social donnait “à gauche toute!”. Certain-es se sont même laissé-es aller à imaginer une gauche “antilibérale” (je préfère anticapitaliste: appelons un chat un chat) unie présente au second tour des présidentielles, à l’image de ce que l’on peut voir en Amérique latine.
Cependant, nous ne sommes pas en Amérique latine. De plus, la fin pitoyable du mouvement anti LEC/CPE laissait déjà entrevoir un retour en force des logiques d’organisations ainsi que les conséquences d’un support revendicatif flou. Et, ça n’a pas raté: les collectifs unitaires, héritiers des collectifs du ”non” ont alors été frappés à leur tour par les logiques d’appareils. De cela il a résulté une plateforme commune (les 125 propositions) bancale issue de mauvais compromis entre la “base” et les différentes organisations. La gauche anticapitaliste partait donc en campagne totalement désunie et avec un programme peu précis, incomplet, voire même, parfois, incohérent; avec le résultat que l’on connait.
Pour ce qui est des législatives, la donne ne change guère: l’unité ne s’est pas améliorée et le programme n’a quasiment pas changé. Il faut donc s’attendre a ce que le résultat soit tout aussi terrible.
Créer un nouveau souffle?
Alors, et maintenant? C’est toute la question. Une gauche alternative est elle utile? La question peut se poser. Et je repond, à l’heure où le neo libéralisme, dernier avatar d’un capitalisme odieux, prétend régir le monde et décréter la fin de l’Histoire, alors que le PS a définitivement renoncé à incarner une gauche de transformation sociale, que, oui, définitivement oui, cette gauche est utile, elle est même indispensable.
Cette gauche de transformation sociale peut elle s’unir? On me dira que non, la tradition voulant, qu’en France, la “gauche de la gauche” était, est et sera toujours dispersée (à 2 c’est une tendance, à 3 c’est… on connait le refrain). Malgré tout, si je suis progressiste, c’est que je ne crois pas aux déterminismes, qu’il soit sociaux ou génétiques; c’est que je crois que les choses peuvent changer, que les traditions peuvent être bousculées. Alors, je répond oui, cette gauche peut s’unir… peut-être.
Pour cela, il faudra d’abord repenser l’unité. La gauche de transformation sociale a évoluée, elle n’est plus seulement composée de partis. Elle est maintenant fortement composée d’individus issu-es des mouvement sociaux. Et cette irruption des mouvement sociaux sur la scène institutionnelle est un phénomène nouveau. Qui plus est cette “nouvelle” gauche revendique de vouloir changer la politique. Or, repenser la politique, c’est tenter, essayer, experimenter; c’est du mouvement perpetuel. Alors, revoyons tout, y compris nos propres moyens de fonctionner.
Repenser l’unité. Cela passe par un necessaire regard réaliste et sans auto-idéalisation de ce qu’est, actuellement, la mouvance “gauche de transformation sociale”. Et on verrai un ensemble bigarré, riche, désorganisé, au milieu duquel se trouve quelques micro partis. Or, je ne crois pas aux “avant-gardes éclairées” qui savent et aux “masses” qui suivent. Repenser l’unité, ça commence, pour ces micro partis, par le réalisme: réaliser que tout seuls dans leurs coins, ils ne sont (plus) rien. Ensuite, la démocratie, ça commence par: un être humain, un avis, une voix!
Cependant, ne soyons pas naïf/ves, ce n’est pas parce que les organisations (il n’y a pas que les partis en cause) cesserons de faire passer leurs petits calculs d’interêts avant le reste, que l’unité se fera soudainement, comme tombée du ciel (alleluhia!). Il ne faut pas se cacher que la désunion est aussi dûe à de réelles divergences idéologiques. Alors, que faire? On constate qu’on est pas d’accord entre nous et on retourne chacun-e chez soit faire ses 2% dans son coin en attendant que le PS veuille bien nous concéder un strapontain? Essaye-t-on de créer un grand parti de la gauche alternative qui effacerait toute les divergences? Je ne pense pas que la solution soit structurelle. Non, on prend le temps de discuter, d’avancer, de débattre. Si l’hétérogénéité de la gauche de transformation sociale est parfois un handicap, c’est aussi et surtout une force. Le métissage ne donne-t-il pas toujours de meilleurs résultats? Nous voulons changer la politique, continuons donc à aller chercher de nouvelles solutions hors de l’institutionnel, les mouvement sociaux sont riches de nombreuses solutions alternatives qui, pour beaucoup, ne demande qu’à être testée à l’échelle institutionnelle. Et c’est uniquement cela, de ces réels pratiques démocratiques, de ce laboratoire politique, que pourra émerger une gauche de transformation sociale unie, crédible et cohérente.
Oui, me dira-t-on, mais cela va prendre du temps, or il y a urgence. Oui, il y a urgence, mais il est trop tard pour être pressé-es. Nous ne sommes pas un parti, nous ne respirons pas au rythme des échéances éléctoral, nous agissons au rythme de la société réelle, à notre rythme. Prenons le temps de construire une alternative crédible enrichie des enseignement et pratiques de nos diverses luttes. Et là, parce que nous aurons prouvé que nous sommes uni-es, que nous disons ce que nous faisons et que nous faisons ce que nous disons; là seulement, nous deviendrons crédibles. Alors, laissons du temps au temps; mais ne nous endormons pas pour autant, nous n’en avons pas le temps!
PCF: Le congrès du desespoir?
avril 25, 2007 at 9:04 | In Politics, Politique, gauche alternative | Leave a CommentHier, le conseil national du PCF, a décidé d’appeler à un congrès exceptionnel (lemonde.fr) pour la fin de l’année. Il fallait au moins ça vu l’état de crise dans lequel se trouve ce parti.
Le PCF, qui enregistre le pire désastre éléctoral de son histoire et s’interroge fortement sur la survie de son groupe parlementaire, devra au cours de ce congrès, faire des choix importants et déterminants s’il ne veut pas tout simplement disparaitre. Il devra, notamment, revoir sa strategie et adopter un positionnement lisible.
Ainsi, le Parti devra certainement faire un choix entre trois strategies:
- Celle de la direction actuelle. C’est a dire une tentative de rassembler les antiliberaux derrière le parti. On constate actuellement que cela a logiquement échoué et conduit à une désunion de la gauche “radicale” dont on mesure déjà la dimension désastreuse. Cette strategie surréaliste semble se fonder sur le présupposé d’un PCF qui serait le moteur de la gauche antilibérale, présupposé qui n’a plus de raison d’être depuis longtemps déjà.
- Celle des partisan-nes de R. Hue. Qui est, en gros, de faire un retour à la Gauche Plurielle. Je l’apellerai la strategie du “tout droit dans le mur”. En effet, ce positionnement fut celui des années 1990, periode où le déclin du PCF s’est le plus développé. Alors c’est vrai, quitte à enterrer le parti, autant utiliser une ligne dont on sait qu’elle ne marche pas!
- Celle des “Refondateurs”. C’est, à mon avis, la plus réaliste des strategie. Il s’agit en gros de constater que le PCF n’a plus les moyens de faire les gros bras, que le PS n’est plus un partenaire fiable; et de se fondre intégralement dans le processus unitaire antiliberal. C’est à ce jour, la seule stratégie qui n’a pas été tentée par la direction du PCF. Cependant, si une telle strategie est mise en place, le parti ne pourra pas faire l’économie d’un débat sur l’utilité de son existence.
L’utilité de l’existence du PCF, là se situe vraisemblablement un débat majeur qui attend les communistes.
Espérons seulement que de ce congrès, il sortira une strategie lisible et des positionnements clairs afin de trancher avec le flou des consensus d’appareil et la stratégie du bricolage au jour-le-jour qui caractérisent le PCF de ces dernières années.
Il en va de la survie de ce parti.
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